Les droits d'auteur

Aucun personnage de cette fiction n'appartient à Ikeda, ni à mon oncle, ma tante, mes frères et mes soeurs....(à moins que tous ceux là les aient lus): ces personnages n'appartiennent qu'à moi, et à ceux/celles qui me lisent; tous comme les mots appartiennent à ceux qui les utilisent ou les écoutent.

Si j'avais recopié le manga, en prenant les dessins au calque (ben oui, je sais pas dessiner); si j'avais photocopié les bouquins, si j'avais enregistré tous les épisodes de LO pour les éditer en boucle, alors là, en effet, ces personnages ne m'appartiendraient pas.

A partir de moment où je modifie, j'invente, je rature et je gribouille, je m'appropie ce que je suis en train de modeler. C'est vieux comme le monde, et c'est ce que l'Homme a toujours fait.

Une notion importante, néanmoins: littéralement, il n'y a que Dieu qui puisse "créer" (c'est-à-dire partir du néant, et faire un tout): nous, pauvres mortels, ne sommes capables que de modifier la matière qu'une puissance divine a bien voulu placer entre nos mains...C'est pourquoi tous les débats sur les disclaimer me font bien rire : au commencement, il y avait le verbe. Qui peut se targuer de ne pas reproduire ce qui a déjà été débité par des milliards de bouches?

Je vois les artistes comme des Icare en puissance: ceux dont l'idéal les pousse à s'extraire de leur condition humaine, en se fabriquant des ailes, pour tutoyer le royaume des anges....Des Icare, car leur idéal est vain: nul ne peut se comparer à Dieu, qui le leur rappelle en brûlant la cire de leurs ailes, et en les ramenant toujours là dont ils ont voulu s'extraire...

Aucune once d'orgeuil mal placé de ma part, mais plutôt la revendication d'une liberté: celle d'aller où bon me semble, de défaire et refaire chaque fois, comme Pénélope, mon tapis de misère...

 

 

Commentaires (16)

16. Minna Le 16/05/2008 à 20:26

...Ah! Yaël, tu me fais regretter de ne pas avoir mis de forum sur ce site...Hum, allez, faisons du plat (du mou, hein, pas du gringue!): je suis évidemment d'accord avec ce que tu dis. J'avais eu récemment une conversation comme celle ci avec une amie, où la conclusion était qu'on était toutes multiples...sauf mon amie, évidemment, qui trouve toujours le moyen de se distinguer et s'est autoproclamée "zéro": une anarchiste de l'identité, en fait...
Et puis tu as bien vu, pour l'intention que je mets dans certains mots...L'émotion ne passe que dans l'excès...
Je t'embrasse Yael, et te remercie pour cet échange intéressant.

15. Yael Le 16/05/2008 à 16:51

Il y a en fait beaucoup de chose que je reproche surtout à ce postulat.
D'abord, il place d'emblée la triade familiale dans un rapport de force. Or pour moi, l'amour qu'il soit entre parents/amants/époux ou parents/enfants transcendent le rapport de force. Il y a toujours conflit mais le véritable amour se base sur l'acceptation de l'autre dans tous les aspects de sa psyché et non sur l'agression d'un de ces aspects.
Je ne développerai pas le fait qu'en assignant au père le rôle de briser la fusion mère/enfant, ce postulat sous-entend que la mère ne peut s'affirmer comme femme indépendante sans l'homme.
Ce qui me gêne plus, on oppose de façon implicite la mère à la maîtresse (non je n'ai pas écrit la putain...) Pour moi, c'est une façon de fragmenter la psyché féminine. Ces deux aspects ne s'opposent pas. On peut avoir les seins plein de lait pour nourrir son bébé et faire l'amour à son homme... si si, c'est possible !
L'individu a une infinité de facettes : je suis femme, épouse, mère, fille et je rêve, je pense, j'imagine, je m'enflamme, je m'insurge, je fais l'amour... Dans tous ces choix, je ne suis pas dans l'opposition mais dans l'union, je suis dans le ET et non dans le OU (enfin j'essaie et c'est un travail de longue haleine)
Pour conclure 1+1+1+1+1+1+1+1+1+1+1+1=1

Enfin, j'avais dit que je conclurais mais je ne peux m'empêcher de me répandre encore un peu. Oui, on choisit toujours une forme ou une autre d'aliénation. A la 1ère lecture, je n'ai pas aimé le terme que tu avais choisi, je lui aurais préféré celui de dépendance (ou d'interdépendance). Mais finalement, je le trouve pas mal. Il implique cette idée de dépendance à un tiers quel qu'il soit en y rajoutant un peu de déraison sans laquelle la vie serait bien fade...

14. Minna Le 15/05/2008 à 23:33

....(sans voix)....Pirate!
11, c'est pour appeler une équipe de foot à ta rescousse? (ben oui, hein, tant qu'à faire dans les clichés...)

13. Minna Le 15/05/2008 à 23:29

Oui, Yael. C'est (encore) une partie du problème (existenciel, hein, pas de math...celui-là, j'y reviens APRES).
Et le petit com d'Alabator (tout en subtilité dans la provoc, hein, c'est aussi pour ça que je l'aime...!) pour me permettre de l'affirmer: je ne suis pas ni épouse , encore moins maîtresse... de maison! Ou alors, par intermittences....par préférences d'humeur, de saisons...

Lorsque tu déplores que l'on attende du père qu'il sépare la mère de l'enfant (pour empêcher le développement oedipien , il me semble, d'ailleurs...), tu t'insugers contre quel manquement à l'identité de la femme?
Celui dans lequel on lui dénie le droit de décider, ou celui dans lequel on lui enlève l'objet de son choix? En d'autres termes, que reproches-tu à ce postulat "Doltoien"? Qu'il ne te laisse pas la liberté de rester avec ton enfant? Ou qu'il ne te laisse pas la liberté du choix? Si c'est le premier cas, tu choisis donc une certaine aliénation...à ton enfant, non...? Donc, tu restes dans UNE définition....Et même si ça m'écorche, je crois que c'est précisément dans le choix de ses "aliénations" que réside l'identité d'un individu...., quelles soient professionnelles, amoureuses ou maternelles....Alors, oui, c'est dur de se savoir résumer à UNE chose, et qui plus est, si ce n'est pas celle que l'on a choisie...
La solution au problème mathématique serait donc...infinie...comme la palette des choix d'un individu, et les différentes facettes de sa personnalité, tu ne crois pas?

12. albator Le 15/05/2008 à 22:51

ah bon, femme est dissociable de épouse et maitresse ?? je trouve que tu y vas fort Yaël ! Pourquoi pas de vaisselle et de ménage tant que tu y es ??
sinon, pour 1+1, comme dirait JCVD, ça peut faire 11.
bises à toutes (suis la seule représentation du beau sexe sur ce site ??)

11. Yael Le 15/05/2008 à 22:32

Minna, j'avais dit que j'arrêtais ma digression mais je ne peux pas m'empêcher de rebondir à nouveau...
Moi, je trouve surtout qu'on confond femme et épouse/maîtresse (c'est pour cela qu'on demande au père de séparer la mère de l'enfant) et qu'on oublie justement que la femme existe avant tout pour elle même...
De la même façon qu'on confond l'individu avec sa fiche de paye quand on lui demande "qu'est-ce que tu fais ?" et qu'on s'attend obligatoirement à ce qu'il parle de sa profession.
Bon, je pourrais écrire des pages sur la questions donc je vais m'arrêter là (du moins pour ce soir).
Donc au final, je réponds quoi à la question 1+1 ?

10. minna Le 15/05/2008 à 21:26

...non, Yael...ça fait 3! ...et c'est bien ça, l'problème! -__^
Non, en fait, c'est pas un problème... Je crois qu'il y a une sorte de cap à passer, qui se situe peut-être à son entrée à l'école. Qui coorespond aussi à la nécessaire ré-appropriation de notre identité de femmes: on a trop tendance à confondre aujourd"hui femme et mère. Moi, je revendique (encore) mon espace de liberté dans ce domaine. Je ne veux pas être enfermée dans un quelconque shéme, que ce soit celui de la maternité, du couple ou de l'identité professionnelle.
Je suis d'accord avec le grand-père plein de bon sens, à une nuance près: je ne lui appartiens pas TOTALEMENT (sinon, je me perds...).Bises aussi, Yael.

9. Yael Le 15/05/2008 à 19:47

Tu sais ça m'a aussi écartelée de les écrire, Minna... Pour dire après, je ne savais plus calculer 1+1... qui comme tout le monde le sais fait 1 en général.
Et moi aussi je suis très souvent dans le trop plein d'adoration de "MON fils" (avec accent et tout et tout)...
Un jour mon père m'a dit que c'était moi qui appartenait à mon fils et non l'inverse... et il avait raison l'affreux grand père.
Bon j'arrête la digression maternelle.
Bisous.

8. Hermès Le 14/05/2008 à 15:16

Yael, j'ai adoré ta comparaison. Elle est si juste que je manque de mots.
ça me fait plaisir de lire ces paroles ouvertes et pleines d'esprit.
Je vous embrasse!

7. Minna Le 13/05/2008 à 21:39

à l'Albtor de mes nuits blanches...(ben oui, t'as jamais remarqué l'antynomie de ce nom? "Alba" = l'aube, la blancheur; et l'image de ce noir pirate tout en "tor"!)
Bon, je m'attendais plutôt à te trouver du côté du bêtisier, mais non...ça aurait été flêché...J'ai frémi, je l'avoue, quand tu as parlé des doigts, non, droits de l'auteur...Mon coeur a manqué un battement quand j'ai dérapé sur les "devoirs de l'auteur"...Et là, tout à coup, je t'ai trouvé...hum, comment dire? Un manque dans le "jusqu'auboutisme".... -__^. Je t'embrasse très très fort, Albator, et à toi aussi, bienvenue sur ce site...

6. Minna Le 13/05/2008 à 21:25

Wauou, Yaël, je n'aurais trouvé meilleure parabole...Ton texte est très beau, qui plus est...Tu as totalement raison, en fait: une fois que l'artiste a bien accompli son travail, l'oeuvre part mener une vie indépendante...Comme c'est juste!
Au tout début de ton texte, je me suis dit: "Argh! Un deuxième coupe Golon!" (ben oui, toujours c'te réflexe primaire de tout ramener à la littérature...); et puis, le ménagement de la chute...T'as tout à fait raison...Nous aussi, on se congratule souvent mon amoureux et moi, pour notre oeuvre "la plus aboutie"...mais de lire tes mots m'écartèle, dans le sens où me saute aux yeux notre propre "vanité" (dans le sens "vain", et non pas "fatuité/orgueil"): oui, "il" est un chef d'oeuvre, mais qui ne nous doit rien..., qui ne me doit rien...moi, je ne suis que la matrice....Alors je lutte tous les jours entre trop plein d'adoration, revendication de son existence ("MON fils", tu sais, à la Marthe Villalonga, dans "on ira tous au paradis"), et indépendance...Eh oui, même les parents ont besoin de couper le cordon...
Merci pour ton comment, Yaël, il m'a émue. Et bienvenue sur ce site!

5. albator Le 13/05/2008 à 14:38

et bien pour faire original, je suis totalement d'accord avec toi Minna en ce qui concerne ces fameux "droits d'auteurs".
Par contre, il est une chose dont l'on parle moins, ce sont les "devoirs de l'auteur", et notamment le premier de ces devoirs : satisfaire ses lecteurs .
Alors STP fais vite et publies nous la suite !!!!

4. Yael Le 13/05/2008 à 12:59

Comme je suis d'accord avec toi, Minna.

D'ailleurs ce matin, je regardais comme je le fais très souvent mon oeuvre la plus aboutie. C'est une oeuvre que nous avons commencée mon mari et moi il y a bientôt 3 ans. Quand nous en avons posé les 1ers galons ensemble, c'était une chose minuscule presque insignifiante mais qui portait déjà en elle le germe d'un chef d'oeuvre.
Pendant neuf mois, je l'ai portée en moi pour qu'elle arrive à maturité, pour qu'elle soit prête à voir le monde. Et c'est moi et personne d'autre qui l'a menée vers la lumière.
Comme elle était encore très faible, je l'ai nourri de mon amour. J'ai passé des nuits à l'aider à grandir.
Pourtant ce chef d'oeuvre qui est ma chair et mon sang ne m'appartient pas. Je ne peux même pas vraiment dire que c'est moi qui l'ait "fait" car il m'a construit autant que je l'ai construit.
Je pense que tout oeuvre est comme un enfant. Il est le fruit de notre amour et de notre soeur. On le porte dans nos tripes. Une oeuvre fait évoluer l'artiste autant que l'artiste la façonne. Et une fois que l'artiste a bien accompli son travail, l'oeuvre part mener sa vie de manière indépendante...

Me serais-je un peu épanché sur le sujet ?

3. Minna Le 12/05/2008 à 11:21

HHHiiii, merci les filles! C'est vraiment ma conviction profonde, en fait. C'était déjà un débat que j'avais alimenté du temps du forum. Et pis ça renseigne un peu plus sur les derniers solliloques d'André, qui part à cheval en invoquant Icare, la création perpétuelle, Sysiphe et Shéhérazade....
Je vous embrasse toutes les deux, très très fort, les précieuses!!!! Merci pour vos p'tits mots doux, ça me touche....!

2. soupinette Le 12/05/2008 à 07:28

Envoyer un e-mail à soupinette
je n'ai jamais rien lu de plus juste ,minna tu est dotée d'un bon sens extraordinaire

1. Ghanima Le 11/05/2008 à 19:57

Psaume 1 chapitre 1 "au commencement était le verbe..." c'est dans une transe quasi biblique que je bois te paroles ma chère.
Comment ne pas être d'accord, les persos, les photos les ... sont du domaine publique du moment qu'on les livrent ainsi à tout un chacun, en se sens je suis contre le disclamer tel que bcp l’entendent. Mais car tu sais ma belle que j'allais mettre un mais… je suis aussi pour rendre hommage aux créateurs, aux artistes etc... Donc dire merci à Ikeda d'avoir créé Les Oscar et André que l'ont connais… mais lui dire que maintenant ils sont à nous et on en fait ce qu'on veut.
Et je t’en prie fait en ce que tu veux, mais fait le vite, car bientôt y aura plus de cierge tellement j’en brûle pour voir enfin un nouveau chapitre apparaître.
bisous ;)
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Dernière mise à jour de cette page le 17/05/2008

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